Je ne crois que ce que je bois !

Parfois nommé le sang de la terre ou le sang de dieu, le vin est un élément incontournable du patrimoine hexagonale et un fleuron de la France à l’export. Il se vend dans le monde plusieurs millions de bouteilles de vins et pourtant selon les analystes 20 % des ventes dans le monde seraient des contrefaçons.

contrefaçon
Contrefaçon d’étiquettes de vin

Ce chiffre, absolument incroyable, est du en partie à une arnaque aussi vieille que l’invention du vin et qui consiste à intervertir les étiquettes sur les bouteilles et à faire de la plus mauvaise piquette un premier grand cru classé. C’est ainsi qu’il se vend dans le monde chaque année 2 millions de bouteilles de Château Lafite Rothschild alors que le domaine n’en produit que 240 000. Et s’il fallait avoir un regard cynique, il y a neuf chances sur dix d’acheter un faux Château Lafite Rothschild.

Le véritable savoir faire des arnaqueurs est dans l’imitation parfaite de l’étiquette qui doit être capable de tromper l’acheteur. En effet, la notoriété du vin est telle que l’étiquette suffit à valoriser le produit et à concrétiser la vente. Le vin ne sera peut être jamais bu ou son mauvais goût sera attribué à son vieil âge.

Cependant les véritables faussaires de haut niveau ont du adapter leurs techniques car ils ont désormais affaire à des acquéreurs qui sont de vrais connaisseurs. Il est impossible de vendre une bouteille de plusieurs milliers d’euros à un collectionneur sans que la robe et la texture du vin ne soit strictement identique à l’original. Ils achètent souvent de vieux crus bourgeois et ils remplacent alors l’étiquette.

Le tour est joué !

Une sur-étiquette pour protéger l’étiquette de vos bons crus !

Il arrive parfois que vos étiquettes soient tachées, abîmées ou décollées, et cela vous embête d’autant plus que la bouteille provenait d’un bon cru. Sachez désormais qu’une entreprise propose des films en vinyle pour protéger vos bouteilles contre le temps.

étiquette
Protéger vos étiquettes

Une jeune entreprise propose en effet aux grands vignobles, aux châteaux et autre domaines viticoles des films, inspirés de ceux utilisés pour protéger les écrans tactiles des smartphones, pour protéger vos étiquettes. C’est un aboutissement dans la douleur: après plusieurs mois de tests sous la pluie, la neige, le vent, des centaines de modèles testés, Xavier Demeilliers, 25 ans, a réussi son pari: trouver un film transparent épousant la forme des bouteilles tout en les protégeants contre les intempéries et le temps. Ce diplômé d’HEC Montréal n’avait plus qu’à trouver preneur, et c’est ce qu’il a fait.

L’intérêt est évident: une bouteille de vin perd de sa valeur sur le marché si l’étiquette est abîmée. Cela pose un problème commercial évident pour les grands vignobles qui aujourd’hui se tournent vers des marchés de plus en plus exigeants (tel le marché chinois) et qui font face à une concurrence importante en provenance d’Amérique du Nord et du Sud. Aussi pour préserver l’excellence française, il est important que l’image véhiculée par l’étiquette soit toujours aussi éclatante. On comprend donc tout l’intérêt que peuvent porter les grands domaines à cette jeune société puisqu’elle leur permet ainsi de mieux préserver leur image de marque, et donc leur argument de vente. Ainsi Xavier a fini par vendre ses étiquettes non pas aux particuliers comme il le souhaitait au départ mais aux châteaux et autres domaines.